Grenache de mon Cœur !

Le grenache se décline, comme le pinot, en trois couleurs. Le noir, le gris et le blanc. Toutefois si le premier est bien connu, roi des Côtes du Rhône, prince du Languedoc et Duc de catalogne française et espagnole, ce n’est pas le cas de ses deux petits frères.

Le grenache gris vous l’avez peut-être bu une fois en rosé, le gris de gris, mais plus probablement dans des vins doux naturels en Banyuls ou Maury. Il est cependant très intéressant à découvrir en blanc sec. Avec un pressurage faible la couleur contenue dans la pellicule ne passe que très peu dans le jus et on peut alors obtenir un vin blanc avec une très légère couleur peau de pêche.

Le benjamin, lui, produit des vins blancs  minéraux et ronds. On le retrouve d’ailleurs difficilement en cuvée mono cépage, mais même assemblé, on peut apprécier son style si particulier  (à condition qu’il y figure à au moins 40%).

Je vais donc vous présenter un des rares grenaches blancs que l’on peut trouver en succursales. Il est produit par le domaine Lafage dans le Roussillon. Le grenache blanc y est dominant, à la hauteur de 80%. Les vignes ont plus de cent ans, d’où sont nom : Cuvée Centenaire.

Voilà le lien SAQ :

http://bit.ly/K75HVv

 

Un nez aromatique dominé par des senteurs minérales qui laissent paraître le côté légèrement boisé et miellé de ce vin. Des notes de fruits (ananas brûlé) apparaissent au fur et à mesure que le vin s’ouvre…

Une bouche très grasse, la sensation de rondeur couvre bien la belle acidité de ce vin. On retrouve des arômes de miel d’Acacia et d’amandes grillées en bouche. Une finale élégante accompagnée d’une légère amertume…

Je vous le conseille vivement en apéritif, si vous voulez apprécier pleinement son expression, mais sera superbe avec du poisson grillé ou une paella.

Non seulement ce vin vous donne l’opportunité de découvrir un cépage, mais aussi de donner leur chance aux vins blancs du sud de la France qui sont moins populaires que leurs voisins nordiques…

Ces vignes de grenache blanc ont bravés un siècle sous les vents violents, les sols caillouteux et pauvres ainsi que les saisons sèches et arides de cette merveilleuse région, où la Méditerranée rencontre les Pyrénées, qu’est la Catalogne….

Avec des rendements très faibles elles nous offrent un nectar du Sud à consommer sans modération pour cette belle saison d’été qui montre enfin le bout de son nez.

 

Santé et bonne fête des mères….

 

Julia wine, ben pourquoi pas ?

Avec des amis passionnés de vin nous nous sommes livrés à l’expérience d’une dégustation à l’anonyme. Les responsables des vins Julia ont eu l’amabilité de nous faire parvenir des échantillons de leur gamme et nous nous sommes équipés de vins pirates achetés à la SAQ dans la même fourchette de prix.

Je vous invite d’ailleurs à lire ce que ceux-ci ont pensé de la dégustation :

Le Sommelier Fou

Bu Du Québec

Girl on Wine

 

Petit rappel pour ceux qui ne connaissent pas :

Les vins Julia sont distribués dans les magasins Costco, ils sont importés au Québec en citernes et ensuit embouteillés sur place. De la même manière que le sont les vins vendus chez les dépanneurs et les supermarchés à travers le réseau SAQ alimentation.

 

 

Les vins dégustés ont fait très bonne figure face aux pirates de la SAQ, et bien que l’éventail des vins Julia soit incomparable à celui d’une succursale il est tout à fait supérieur à celui des dépanneurs que ce soit en terme de qualité ou de diversité. Je suis malheureusement bien placé pour vous l’affirmer étant donné que j’habite à coté d’un dépanneur et que je suis relativement éloigné d’une SAQ, je pourrais presque me lancer dans un guide de vins de dépanneur tellement les apéritifs improvisés m’ont parfois surpris au point de devoir céder et par la force des choses m’abandonner au coté obscur du vin.

 

Voilà donc trois des gammes que nous avons goûté.

 

French nose :

Ce sont les vins français comme leur nom l’indique. Il s proviennent du Languedoc-Rousillon mais sont des assemblages bordelais (l’un plus cab-sauv et l’autre plus merlot). Nous avons dégustés la cuvée « vieilles vignes » et la cuvée numéro 3. Je les recommande toutes les deux tant je pense qu’elles valent leur équivalents de vin d’alimentation au même prix. Sans être exceptionnelles ces bouteilles sont agréables à boire avec des saveurs qui déroulent les fruits noirs et un zeste de boisé.

 

Las Mariquitas :

Les coccinelles comme on peut le voir sur la bouteille sont des vins forts sympathiques : Simples et sans prétention ils offrent une belle entrée de gamme avec des assemblages de cabernets et de syrah. Pour la cuvée « bloc S » il est difficile de battre le prix de 11.99$…Un vin très maquillé, c’est sur, mais bien maquillé : les flaveurs de vanille et de bonbon à la cerise en font un apéritif charmeur.

 

Boca Fina :

Personnellement j’ai trouvé que les vins espagnols étaient les mieux réussis ! La gamme Boca fina nous propose notamment un assemblage de syrah et de tempranillo du centre de l’Espagne. Un nez épicé qui vogue entre la réglisse et le poivre. Une bouche équilibrée, une structure tannique intéressante avec des aromes de mûres, de bleuets. Si je devais me retrouver devant un étalage de Costco c’est à coup sûr celui-là que je choisirais et pour 12.96$ on peut difficilement trouver mieux.

 

Je ne m’attarderais pas sur la gamme cellier qui est à mon goût moins intéressante, surtout pour le numéro 58 qui était le vin le plus décevant ce soir là ! Pour des vins plus cher recommande tout de même de faire l’effort d’aller jusqu’à une succursale, même si je n’arrive pas toujours à suivre mes propres leçons. Pour le reste j’attends avec impatience que les vins Julia pointent le bout de leur nez dans les dépanneurs et supermarchés, car je pense qu’un peu de concurrence ne ferait pas de mal…..

Vin sec, cépage sweet !

Pour élaborer des vins doux, liquoreux ou « de glace » certaines conditions doivent être réunies, la température au moment de la récolte (surtout pour les vins de glace), les conditions d’humidité au niveau des grappes (pourriture noble = liquoreux), mais surtout de les obtenir à partir de cépages adaptés à ces types de vins. Des raisins qui supportent bien la période de surmaturation, qu’elle passe par le passerillage (vins jaunes), l’installation de botrytis (Sauternes, Coteaux du Layon), ou bien par une cryo-concentration (vins de glace). Mais surtout des cépages qui produisent une acidité suffisante pour équilibrer un excès de sucre important dans ces vins. Des cépages qui ont des caractéristiques particulières pour obtenir des vins liquoreux équilibrés et harmonieux. On peut donc citer le riesling très versatile, le sémillon; qui sont respectivement les rois du sucre pour l’alsace et le sauternes, mais je voudrais m’attarder aujourd’hui sur des acteurs moins connus mais tout autant savoureux de la scène viticole.

Des cépages auxquels je suis particulièrement attaché, le premier : Petit Courbu, car il règne sur la région du monde dans laquelle j’ai grandi qui est le sud-ouest de la France, et le second, Vidal qui domine souvent les assemblages de vin de glace québécois, mon pays d’adoption.

Ce que j’ai trouvé intéressant dans les vins issus de ces cépages est non pas la comparaison Vidal/Courbu mais le style des vins secs que l’on pouvait obtenir avec ceux-ci. Je me suis donc penché sur les vins secs obtenus à partir de cépages surtout utilisés pour des liquoreux : Sémilion, Fürmint, Vidal, Petit et Gros Manseng, Petit Courbu.

Il y a des similitudes certaines entre ces vins : beaucoup de rondeur, de la richesse tout autant alcoolique qu’au niveau de la matière, une acidité marquée qui coupe cette même richesse ainsi que des saveurs diverses au nez qui laisserait croire que ces vins sont des vendanges tardives alors que croyez-moi ils sont bels et bien secs !

 

 

Voilà donc la présentation de deux vins blancs avec un profil atypique :

 

Domaine Les Brome Vidal Courville vin blanc 2009 , Code SAQ : 10522540, 18.30 $

 

Une belle robe dorée avec un gras abondant en paroi de verre. Cela promet un vin avec de la richesse, de l’ampleur. Au nez on repère tout de suite des notes de fruits confits, légèrement sur les agrumes puis vient ensuite le miel. En bouche on retrouve des saveurs confites, de fruits exotiques avec une finale très fruitée qui nous donne presque une sensation sucrée. Mais ce vin est bel et bien sec, et l’acidité rafraîchissante du Vidal équilibre sa richesse et sa rondeur.

Château Montus, Pacherenc du Vic Bilh, Code SAQ : 11017625, 23.55$

Une robe jaune paille brillante avec beaucoup de gras en paroi de verre. Un nez d’abord assez minéral, qui évolue vers des notes plus florales. On retrouve de la pêche, de l’abricot confit et des fleurs de la passion. Un nez charmeur qui nous laisserait croire que ce vin est un liquoreux. Une attaque puissante en bouche, les saveurs exotiques sont présentes, on perçoit une acidité minérale en finale qui nous rappelle que ce vin est sec malgré sa bouche gourmandissime….

 

Pour conclure je dirais ces vins secs produits à partir de cépages plus généralement utilisés à des fins liquoreuses sont atypiques. Ils sont pour moi dans un groupe à part et devraient être dégusté en connaissance de cause. Ils seront très agréables avec des desserts ou du foie gras (d’habitude servis avec du doux) et le sucre qui n’est pas là est largement compensé par la générosité et l’ampleur de ces vins. Je vous les recommande chaudement.

 

Santé !

Pour La St-Valentin : Délicat et féminin

 

Une fois n’est pas coutume je vais encore faire l’éloge des vins rouges plus légers, mais cette fois-ci je n’y suis pas poussé par mon affection que j’ai pour eux mais par la vague de romantisme qui nous entoure à l’approche de la Saint-Valentin.

Si vous pensez que votre conjointe est plus souvent attirée par des vins costauds, chaleureux avec une finale boisé séduisante n’hésitez pas à combler ses désirs avec son vin préféré, certainement une confiture de cabernet californien ou un beau malbec d’Argentine. Mais si vous vous laissez pousser par un peu plus d’aventure : un cépage méconnu, un style original et une finesse sensuelle, vous pourriez ajouter une découverte/expérience de plus à votre tableau du 14 février.

 

À ce jeu la (celui de la délicatesse et féminité) le Pinot noir est Roy ! Que ce soit pour la finesse de la bourgogne ou la puissance du nouveau monde, ces arômes de fraises des bois et de griottes sont toujours aussi charmeurs et raffinés. C’est pourquoi je vous propose aujourd’hui une alternative sympathique à ce choix excellent mais relativement commun !

 

La Mondeuse de Savoie est, je pense, un compromis intéressant entre finesse et originalité. La Savoie est une région viticole peu connue, et c’est malheureux. Elle est souvent identifiée à des vins blancs très acides, habituellement recommandés avec des raclettes ou fondues. Mais elle cache un véritable trésor de saveurs dans ses vins rouges. La Mondeuse est un cépage qui appartient à la famille de la Syrah, elle présente donc des caractéristiques similaires à celle-ci, notamment un nez et une finale très poivrée. Des arômes de griottes et de mûres se mêlent à ceux-ci pour une bouche très élégante et équilibrée. Bien que légère, la Mondeuse présente une belle acidité rafraîchissante qui lui permet de faire aussi bien un beau vin à l’apéritif qu’un vin accompagnant votre dessert chocolaté (les épices et les fruits rouges complimenteront le chocolat tandis que l’acidité coupera la richesse et sucrosité de celui-ci).

 

Plusieurs cuvées sont disponibles à la SAQ voir Blogue SAQ Cellier

 

Pour ceux qui sont intéressés par des découvertes et veulent quelque chose d’encore plus légers je vous propose le Trousseau du Jura, tellement fin qu’on pourrait l’ouvrir en après-midi..

 

Bonne Saint Valentin !

 

Pinot oui, mais Bianco !

 

Le pinot blanc, vilain petit canard de l’Alsace perdu dans le bal des cygnes des Riesling, Muscat, Pinot gris et autres Gewurztraminer seuls autorisés en grand cru a été relégué au second plan et les vins qui en résultent sont considérés comme des « vins d’apéro ». Cela dit il est aussi cultivé en Allemagne, Autriche mais surtout en Italie où les vins blancs issus de son cousin le Pinot grigio (ou pinot gris) font fureur. Il me semble, à moi, qu’il trouve une magnifique expression dans la région montagneuse du Trentino Haut Adige Plus connu là-bas sous le nom de Pinot Bianco ou Weissburgunder le climat plus frais de petit coin germanique de l’Italie lui a redonné une nouvelle jeunesse…

En effet cette région, qui est la plus au nord du patrimoine viticole Italien, a la spécificité de comporter plusieurs langues. Les habitants du haut Adige au nord sont surtout germanophones alors que les habitants du Trentino sont plutôt italophones (oups j’ai déjà vu ça quelque part). C’est certainement pourquoi les cépages alsaco-allemands s’y plaisent autant. Le terroir montagneux nous offre des vignes en coteaux très pentus, ce qui est difficile à travailler mais excellent pour la photosynthèse (donc pour la qualité et richesse du raisin). Le climat y est relativement frais (surtout la nuit) et très ensoleillé car au-dessus de bien des nuages. Le grand air de la montagne, de 500 à 3000 mètres soit environ 10000 pieds, plus la fraîcheur nocturne de ce terroir en fait le berceau parfait pour ces cépages aromatiques.

 

D’ailleurs le bien connu Gewurztraminer en est originaire, bien que paraissant alsacien avec un nom allemand, est né dans le village de Tramin ou Termeno (en italien) dans la province de Bolzano en Alto Adige. La préposition « Gewürz » étant le mot allemand pour « épice ».

Maintenant qu’il est établi que cet endroit est parfait pour le pinot bianco, regardons une cuvée de plus prés celle de Colterenzio.

 

Le Domaine de Colterenzio situé dans le Haut Adige, dans le village pittoresque de Cornaiano au sud de Bolzano. Les parcelles sont plantées entre 300 et 600m d’altitude et les vignes, disposées sur des terrasses (à cause de la pente) sont soit en treille soit en palissage classique. Ce domaine n’est pas dirigé en agriculture biologique mais en agriculture raisonnée ou « sustainable ». C’est-à-dire que les matières les moins nocives vont êtres utilisées pour les traitements et que l’on va favoriser ce que l’on appelle la lutte prophylactique. Cela veut dire préventive, des moyens en amont vont êtres mis en œuvre pour éviter les traitements, c’est très efficace mais demande beaucoup de travail manuel dans la vigne. La lutte ou agriculture raisonnée permet un plus grand respect de l’équilibre naturel entre la vigne et l’environnement ainsi qu’une garantie de qualité et d’hygiène de la vendange.

Avec un large spectre de sols et un micro climat relativement frais bien que très ensoleillé le domaine de Colterenzio nous offre une gamme de vins très larges qui regroupe plusieurs cépages. Mais aujourd’hui nous allons nous intéresser à leur Pinot bianco.

 

Pinot Bianco Thurner, Colterenzio, Alto Adige 2010.

Agence: Clos des vignes

 

 

Une belle couleur jaune paille avec de légers reflets verts. Au nez on soupçonne tout de suite des notes florales suivies d’une dominante très agrumes, clémentines et peaux d’oranges. Un nez relativement puissant mais avec des arômes élégants et charmeurs, au-delà de ces arômes, une once de minéralité, plutôt sur la roche, le calcaire s’y ajoute.

En bouche on a un vin blanc très rond, bien qu’avec une acidité minérale. La rondeur et le gras donnent un caractère que j’aime appeler « waxy »; une impression crémeuse presque cireuse vient enrober toute la bouche. On retrouve bien sûr les agrumes et ce caractère minéral calcaire avec quelques fleurs blanches. Un vin simple et très agréable.

 

Toujours sympathique à l’apéritif il sera un complice de vos crevettes en persillades ainsi que d’une salade de poulet ou même un poisson grillé !

 

Santé et bonne dégustation